Le Citron de Menton

Rencontre vidéo avec le producteur

Le Citron de Menton

Qu'est-ce que le citron de Menton ?


En quelques points, la différence entre un citron de Menton et le citron jaune classique :

  • - il peut prendre des formes et tailles très variées

  • - sa teneur en sucre est plus élevée

  • - au nez, il dégage des notes florales

  • - en bouche, il est plus juteux et plus doux du fait de son acidité modérée, sa persistance aromatique est très longue

  • - plus son écorce est épaisse, plus elle est douce, et elle contient très peu d'amertume

  • - l'huile essentielle dont son écorce est plus riche contient des composants et principes actifs différents

  • - c'est un citron "4 saisons", qui peut rester plusieurs mois, mûr, sur l'arbre, avant d'être cueilli.


N.B. : les citrons de Menton issus de la première floraison de mai sont ramassés entre octobre et février. Il peut ensuite y avoir deux autres récoltes issues des deuxième et troisième floraisons, jusqu’à l’été.

Autant d’attributs qui font la réputation du citron de Menton.


Pourquoi le citron de Menton est-il si différent de ses cousins ?


Selon la légende, Menton aurait été choisi par Adam & Eve pour planter le citron emporté du Paradis, ce lieu plein de charme leur rappelant l’Eden perdu…
L'explication plus terre à terre est celle d’un microclimat avec de faibles écarts de températures et d’un sol argilo-sablonneux à sablo-limoneux (sols légers et précoces) permettant à cette variété de citron de se développer. Le citron de Menton pousse effectivement sur des sols à la composition géologique particulière et sur des terrains entre terre et mer pouvant être particulièrement escarpés, les restanques. En outre, une seule période de gel et les plantations peuvent mettre 5 ans pour se relever. Ce qui explique qu'il ne soit cultivable que dans cette région bien précise de Menton où il ne gèle pour ainsi dire jamais, en tout cas jamais assez fort pour altérer les citronniers !

Qui sont les artisans de son développement ?

La culture du citron de Menton s’est développée au XVIe siècle ; elle est constitutive du paysage que l’on connaît aujourd’hui dans la région. Pourtant, divers épisodes depuis le début du XXe siècle ont mené à sa disparition presque complète :

  • - Napoléon ayant abaissé les droits de douane et les modes de transports étant de plus en plus faciles et rapides, la production de citron de Menton rencontre la concurrence étrangère

  • - c'est une activité pénible qui conduit les travailleurs à s'en détourner à partir de la deuxième moitié du XIXe siècle au profit de la riviera (tourisme hivernal) qui rapporte plus et du début de la pression foncière (spéculation immobilière et construction de grosses propriétés)

  • - une main d'œuvre masculine décimée pendant les guerres mondiales

  • - le gel de 1956 qui apporte le coup de grâce aux cultures

  • - la dévastation des citronniers par le mal sec, une maladie contagieuse via un champignon (les citronniers sont historiquement plantés proches l'un de l'autre de façon à se tenir chaud entre eux, remède efficace contre le gel potentiel, mais aussi un facteur de propagation des maladies d'arbre en arbre)


Depuis la fin des années 1950, le citron de Menton ne subsiste plus que dans le folklore local.

Au début des années 1970, les premières tentatives pour produire à nouveau du citron de Menton réapparaissent timidement.

Il faudra attendre le début des années 1990, avec notamment la reprise de l'activité de Laurent Gannac, pour voir apparaître les premières initiatives sérieuses de redynamisation de cette filière économique. Arrivé sur un marché local saturé (chaque habitant a son citronnier chez lui !), la plantation du citron de Menton a pu se développer réellement lorsque le potentiel a été confirmé pour la vente à l'extérieur.

Aujourd'hui, seuls 15 producteurs habilités perpétuent la tradition, dont Laurent Gannac et son fils Adrien, sous le nom La Maison du Citron. Les professionnels se comptent sur les doigts de la main.

Ces quelques passionnés poursuivent la production du citron de Menton avec un savoir-faire remarquable (fruits cueillis à la main sur l’arbre à parfaite maturité, cueillette à la commande, arrosage manuel, etc.).

 

Une garantie de qualité : l'IGP


Laurent Gannac a été un acteur important en faveur de la labellisation du citron de Menton en IGP (Indication Géographique Protégée), obtenue à l'automne 2015. Cela apparaissait pourtant comme une gageure en raison du très petit volume de production que ce fruit représente : 120-140 tonnes produits par an, dont uniquement 30-35 tonnes labellisables, contre 25 000 tonnes par exemple pour la Clémentine de Corse !

Aujourd'hui, les contraintes sont plus nombreuses pour la culture de ce citron : ils doivent avoir une certaine forme et un certain calibre, ne doivent pas être ramassés et transportés par plus de 20kg, etc. Les citrons ou le savoir-faire mis en œuvre qui n'entrent pas dans le cahier des charges précis ne peuvent bénéficier de l'appellation "Citron de Menton".

Mais la contrepartie est de taille :

  • - une reconnaissance européenne quant à la qualité de ce produit issu d'un terroir d'exception et du savoir-faire mis en œuvre pour sa production

  • - une protection de l'appellation : il n'est pas possible de replanter un pied de citron de Menton ailleurs et de le produire sous cette appellation.


L'obtention de ce label IGP n'est qu'un pas vers le renouveau d'une économie locale viable autour du citron de Menton.

 

Une production difficilement rentable...


Jusqu'à aujourd'hui, la production en mode extensif des citrons de Menton n'était effectivement pas rentable du fait des conditions difficiles de culture (position des arbres sur de tous petits terrains escarpés, accessibles quasi uniquement à pied, qui nécessite un transport à dos d'homme).

Ainsi, pour toutes les raisons synthétisées ici :

  • - un fruit d'exception, rare et issu d'un terroir précis

  • - les difficultés liées à la production et la récolte manuelle

  • - la valorisation du citron par l'obtention de l'IGP (cadre cultural et traçabilité qui précisent le mode de production)

  • - la mise en œuvre d'actions pour maintenir le niveau d'exigences du cahier des charges de cette IGP

  • - une demande exponentielle

  • - une production parfois certifiée Agriculture Biologique, ce qui est le cas de La Maison du Citron


les prix du citron de Menton s'envolent. Cela pourrait permettre la viabilité économique du métier.

 

... Pour un produit incomparable


De toutes les spécificités citées, il résulte un citron incroyablement aromatique et doux qu'il est possible de manger cru entièrement, y compris son écorce (son épaisseur n'est pas un inconvénient,  elle se mange et est délicieuse !), sans ressentir aucune amertume. Une expérience à vivre, si ce n'est avec le privilège de croquer le fruit entier au pied de l'arbre, en goûtant la confiture de Citron de Menton dans laquelle L'Epicurien a à cœur de faire ressortir toutes ces particularités...

 

Zoom sur La Maison du Citron


Notre producteur privilégié, La Maison du Citron (Laurent et Adrien Gannac), nous a ouvert les portes de sa pépinière et de son champ de citronniers le temps d'un après-midi ensoleillé, comme pour nous prouver la réalité de ce fabuleux climat...

 

CARTE D'IDENTITE / La Maison du Citron :



  • - depuis 1991 (première plantation)

  •  - 1 hectare (tous agrumes confondus, dont 80% de citronniers)

  • - plus de 300 arbres cultivés pour leurs fruits

  • - 200-500 kg ramassés par jour par cueilleur (en fonction de la période de récolte : importante en début de saison ou plus faible lorsque les fruits sont épars et qu'il faut les trier)

  • - 6 tonnes de citrons récoltés et vendus en moyenne par an (8-9 tonnes tous agrumes confondus)


A venir : la plantation de 200 nouveaux arbres, la création d'un atelier du citron pour transformer la matière première en produits du terroir (liqueurs, bières, confitures, ...)

 

Découvrez en vidéo la rencontre avec Adrien et Laurent Gannac :